COLOMBIE-BRITANNIQUE :
ENTRE BEIJING ET PARIS...

La Loi sur les langues officielles constitue le socle sur lequel le français s'est appuyé pour devenir une véritable langue seconde d'enseignement sur la côte ouest du Canada. La création des premiers départements de français devait susciter l'engouement pour la langue de Molière en ce début des années 70.

Les écoles d'immersion françaises devinrent, dans la même foulée, un passage obligatoire pour beaucoup d'étudiants de la Colombie-Britannique.

Mais le tournant de la décennie 80, marqué par l'arrivée massive d'immigrants asiatiques, détourne l'intérêt vers les langues orientales. L'affluence des ressortissants du bassin du Pacifique fut une bonne rampe de lancement pour la promotion du mandarin, du cantonais, du japonais et du pundjabi.

Aujourd'hui, le français parvient néanmoins à attirer un nombre croissant d'étudiants issus des écoles d'immersion et des programmes cadres instaurés au début des années 70. On parle de regain de vie du français au niveau postsecondaire. La naissance du Conseil scolaire francophone provincial (en 1996), engagé sur la voie de l'autonomie, permet au milieu éducatif francophone de la Colombie-Britannique de se gonfler d'optimisme.

C'est principalement dans les deux grands centres urbains de la province (Vancouver et Victoria) que le français est enseigné au postsecondaire. Les universités de la Colombie-Britannique et Simon Fraser, pour la grande métropole de l'Ouest, l'Université de Victoria pour la capitale provinciale, sont les deux pôles d'éducation sur la côte du Pacifique. Elles drainent de ce fait le plus important flux d'étudiants inscrits dans les différents programmes de français. Les collèges aussi offrent, à une seconde échelle, des cours de français.

De plus, la Fédération des francophones de Colombie-Britannique (FFCB), en collaboration avec des partenaires pour l'éducation postsecondaire, a déposé au début de 1997 un projet visant à doter la communauté francophone d'un établissement d'enseignement à distance en français. Le projet va desservir l'ensemble de la province.

Le français au postsecondaire

L'Université de la Colombie-Britannique offre des programmes de français dans trois départements distincts. Le premier, celui de la formation continue et du perfectionnement, assume des modules de cours destinés aussi bien aux débutants qu'aux travailleurs. Le deuxième, le département de français, dispense un cursus avec des dominantes en littérature et en linguistique pour des programmes du premier au troisième cycle. Le troisième, Modern Language, met l'accent sur la formation pédagogique. Les trois entretiennent un réseau d'échanges avec des universités francophones au Canada et à l'étranger.

On retrouve à l'Université de Victoria les mêmes filières qu'à l'Université de la Colombie-Britannique. Ses étudiants peuvent entreprendre un séjour d'études dans une université francophone au Québec et, dans une moindre mesure, en France, en Belgique ou en Suisse.

Spécialisé en littérature et en linguistique, le département de français de l'Université Simon Fraser dispose de programmes allant jusqu'au deuxième cycle et prépare à l'enseignement du français langue seconde. Il développe parallèlement un volet non crédité en éducation permanente. Comme ses consoeurs, l'institution organise des stages d'études au Québec et à l'étranger.

Finalement, le réseau des collèges Kwantlen de la grande agglomération vancouveroise, avec ses campus de Surrey, Langley et Richmond, offre une variété de cours en français au niveau collégial. Même chose pour les autres collèges (Langara, Capilano, Abbotsford et Victoria) qui dis- pensent dans leur section française des cours de niveau avancé ou débutant.

Le projet éducatif de la Fédération

En janvier 1996, un comité de travail a été créé afin de bâtir une structure rendant plus accessible l'enseignement du français au niveau postsecondaire. Ce comité, supervisé par la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), est composé de représentants d'organismes ayant un intérêt particulier pour cette question.

La FFCB et ses partenaires, l'Association des parents francophones de la Colombie-Britannique, le Conseil scolaire francophone, la Société éducative Éducacentre, et le ministère de l'Éducation et de la Formation professionnelle, élaborent un plan d'affaires qui sera soumis aux gouvernements provincial et fédéral pour l'instauration d'un système parallèle d'éducation postsecondaire en français. Pour se concrétiser, cette initiative devrait avoir l'aval des autorités concernées et bénéficier du soutien financier nécessaire. La création d'un centre de télé-enseignement pourrait être finalisée au cours des deux prochaines années.

Mamadou Gangué

 


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