LA CHASSE AUX ÉTUDIANTS

Leur clientèle ayant diminué au cours des dernières années, les universités francophones vivent une réorganisation de taille ! À commencer par la méthode de recruter leurs futurs étudiants, question de bien se distinguer de la concurrence.

Selon le secrétaire général et registraire de l'Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, Gérard C. Boudreau, «il n'y a pas mille nouvelles façons de faire les choses. Même si le réseau Internet en est une, en ce qui nous concerne, on doit aller où sont les francophones. En Nouvelle-Écosse, un certain pourcentage de la population est susceptible de fréquenter notre établissement. Mais on n'arrête pas là notre travail de recrutement sur le terrain, car on doit dépasser nos frontières et recruter au Nouveau-Brunswick, au Québec, à Terre-Neuve, à l'Île-du-Prince-Édouard et en Ontario».

Au cours des prochaines années, la stratégie de l'Université Sainte-Anne pour recruter de nouveaux étudiants s'articulera autour de quatre éléments très importants. «Nous insistons sur l'environnement dans lequel l'étudiant aura à évoluer, le service personnalisé, la petite taille de notre institution et le haut taux de placement de nos finissants.»

Cette stratégie aurait déjà rapporté des dividendes puisque Sainte-Anne a atteint ses objectifs de recrutement pour 1997-1998 : «Nous voulions 125 nouveaux étudiants à temps complet, nous en avons recruté 126», calcule M. Boudreau.

Du côté du Nouveau-Brunswick, l'Université de Moncton a confié à deux entreprises privées le mandat d'établir son plan de communication et de promotion pour les années à venir. Afin de connaître les perceptions et les attentes de la population face à l'établissement d'enseignement, on a consulté plus de 500 personnes sur le territoire desservi. «S'il y a une conclusion qui se dégage, c'est que la population exprime avant tout une sympathie naturelle envers notre institution et la considère comme faisant pratiquement partie de la famille», lance le recteur Jean-Bernard Robichaud.

L'Université de Moncton intensifie ses efforts de recrutement. Sa campagne de promotion valorise l'excellence académique et la qualité des services offerts. L'université fait des efforts pour s'adresser plus directement aux jeunes en utilisant des images et un vocabulaire plus familiers.

L'Université Laval, qui cible surtout la ville de Québec et l'est de la province, a entrepris une campagne comprenant des affiches et un message de 30 secondes dans les salles de cinéma. Le thème : Réussir, ça se passe entre les deux oreilles. «L'institution avait constaté une baisse de sa clientèle traditionnelle et a décidé de se réaffirmer face à cette dernière», explique Alain Lavigne du Service des communications de l'Université Laval.

Et cette campagne, combinée à des journées d'information et de bienvenue, semble porter fruits. Après avoir connu une baisse de sa clientèle durant quatre années consécutives, Laval a enregistré une hausse de 4,6 pour cent pour ses inscriptions de l'automne 1997.

Dans la métropole, où la compétition est féroce, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) a pris le taureau par les cornes. L'établissement y est allé de panneaux- réclame disposés un peu partout en ville et dans e métro, avec un message non équivoque : «reussir@uqam». Son concept publicitaire a accouché d'une nouvelle adresse et d'un site Internet (www.reussir.uqam.ca). Sauf qu'à la rentrée d'automne, la clientèle de l'UQAM a connu une baisse de 2 pour cent.

L'Université d'Ottawa est très active dans les écoles secondaires et auprès des conseillers en orientation. Envois postaux, journées d'accueil et présence aux différentes foires sur l'éducation sont les principales façons de faire de l'université. Mais, dit Lise Huot du Service des communications, l'Université d'Ottawa cogite un nouveau slogan et prépare une stratégie pour mieux cibler les attentes de sa clientèle, dont une tournée virtuelle du campus qui sera disponible sur son site Internet (www.uottawa.ca).

Pierre Couture

 


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