ÉTUDIANTS ÉTRANGERS :
UNE CLIENTÈLE CONVOITÉE

Variable d'une université à une autre, le taux de recrutement d'étudiants étrangers a connu un essor important au cours des années 80. Mais on note un certain plafonnement depuis quelque temps, dû à une compétition de plus en plus féroce.

Le marché mondial des étudiants étrangers est maintenant convoité par un plus grand nombre d'universités. Outre le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis sont des joueurs très actifs pour vanter les mérites de leurs établissements d'enseignement supérieur.

Début octobre 1997, l'Université de Moncton dirigeait, en collaboration avec l'Université du Nouveau-Brunswick, une mission commerciale au Viêt-nam. Cette région de l'Asie du Sud-Est compte 75 millions d'habitants et elle est en pleine croissance économique.

La mission a permis à l'Université de Moncton de recruter sur le terrain, et de vanter sa qualité d'enseignement. Elle a distribué plus de 2 000 brochures du programme de MBA (maîtrise en administration). L'objectif consistait à convaincre les étudiants vietnamiens de compléter leur baccalauréat à Moncton.

À l'Université Laval, le recteur François Tavenas aimerait bien doubler d'ici quelques années le nombre d'étudiants étrangers qui fréquentent son établissement. D'ailleurs, le Conseil universitaire vient de mettre sur pied un groupe de travail sur l'action internationale de l'Université Laval. Selon le recteur, «si on se rappelle que la plupart de ces étudiants retournent dans leur pays au terme de leurs études, on réalise qu'il s'agit là, pour l'Université comme pour la région, d'un important contingent d'ambassadeurs susceptibles de créer des liens culturels et économiques durables avec nous».

La présence de l'Université d'Ottawa à des conférences Asie-Pacifique et à des foires sur l'éducation en Asie de l'Est est essentielle, dit Lise Huot du Service des communications. «L'avantage de l'Université d'Ottawa est de pouvoir compter sur un nombre important d'ambassades sur son territoire. De fait, une bonne partie de nos étudiants étrangers ont entendu parler de notre université par le biais d'ambassadeurs», souligne-t-elle.

Du côté de l'Université Sainte-Anne, c'est en Louisiane et dans la région de Boston que l'on recrute des étudiants étrangers. Au cours des derniers étés, des Cadiens sont venus perfectionner leur français dans le cadre d'un programme d'immersion. «On espère que ces étudiants vont en parler à d'autres et que cela va générer des inscriptions à temps complet», dit le registraire et secrétaire général, Gérald C. Boudreau.

Droits de scolarité : un bon placement

En ce qui a trait aux droits de scolarité, les universités canadiennes demeurent un bon placement pour les étudiants étrangers. L'Association des universités et collèges canadiens (AUCC) cite une étude comparative réalisée en 1994 par IDP Education Australia, portant sur les frais de cours de deuxième et troisième cycles qui sont facturés aux étudiants étrangers. Selon cette étude, c'est au Canada que les droits de scolarité sont les plus économiques, dans plusieurs disciplines.

Les droits de scolarité des étudiants étrangers de premier cycle pour l'obtention d'un diplôme en arts sont, annuellement, de 4 000 $ à 6 000 $ supérieurs à ceux des étudiants canadiens.

Sur le plan financier, les revenus générés par les étudiants étrangers sont intéressants et peuvent s'étendre sur une plus longue période. D'ailleurs, dit-on, certaines universités canadiennes auraient reçu des dons généreux de la part d'anciens qui se rappellent leur passage au pays.

À Québec, une récente étude démontre que les 1 600 étudiants étrangers de l'Université Laval injectent près de 11 millions de dollars par année dans l'économie de la région. «Voilà un bénéfice net intéressant. Et d'autres études similaires effectuées ailleurs au pays ont produit des résultats comparables», disait le recteur François Tavenas lors d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce de Québec.

Vive la France !

Ce n'est pas un secret, les établissements d'enseignement québécois exercent un attrait particulier en France. Selon la revue Québec Info, «le nombre d'étudiants français au Québec a presque quadruplé en 10 ans». On y note également que la clientèle étrangère des universités québécoises a connu une augmentation de 6 pour cent au cours de la dernière année. Près des deux tiers des 11 073 étudiants étrangers inscrits dans les universités de la Belle Province en 1996-1997, fréquentaient les universités francophones.

Pierre Couture

 


Accueil | Table des matières