Le 28 mars 2006
Volume 4
Numéro 12
L'Action
Un nouvel élan pour les services en français
Toronto-Il serait facile de se plaindre et de dire que les services en français offerts par les différents ministères provinciaux sont loin d’être parfaits. Des exemples viennent rapidement à l’esprit. Ainsi, aucun service de santé en français n’est offert dans une très grande partie de l’Ontario. La lutte du regroupement de francophones de Welland contre la décision du gouvernement de fermer leur bureau d’enregistrement illustre très bien l’imperfection de la situation.
Cependant, selon Guy Matte, la situation est loin d’être désastreuse. « Après 20 ans, quand on s’analyse, on se désole; quand on se compare, on se console. » L’ancien président du Syndicat des enseignants croit fermement que la Loi sur les services en français – mieux connue sous le nom de Loi 8 – est bien plus qu’une simple réglementation s’appliquant aux ministères.« C’est un peu comme un drapeau qui accorde une légitimité aux Franco-Ontariens et c’est cette même population qui en fait le succès. L’équipe de l’Office des affaires francophones travaille très fort, mais
c’est la communauté qui tient à la réussite de cette loi et fait tout pour la garder bien vivante. »
Il est certain que l’Ontario est à l’aube d’une ère nouvelle. Le financement des écoles francophones s’accroît sans cesse et les conseils scolaires espèrent bientôt avoir la parité avec les entités anglophones.
Le poste d’ombudsman de la francophonie n’existe toujours pas malgré la promesse faite aux dernières élections, mais Mme Meilleur affirme que ce dossier n’a pas été oublié. Au contraire! « Je ne peux pas vous donner de réponse immédiate mais j’espère pouvoir annoncer quelque chose avant la fin de l’année. »
Du côté des services sociaux et de santé, le directeur général du Centre francophone de Toronto, Jean-Gilles Pelletier, est très optimiste. « Il y a six ans, le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse ne dépensait pas un sou pour les francophones de Toronto. Aujourd’hui, un million de dollars est accordé annuellement pour opérer cinq programmes. Ce n’est pas peu dire! »
M. Pelletier devient encore plus optimiste lorsqu’il parle de l’avenir des services de santé. Selon lui, la nouvelle loi pour la création des Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) permettra aux Franco-Ontariens de faire valoir leurs intérêts. « Les Réseaux devront se plier à la Loi 8, identifier les besoins des francophones et mettre en place un plan d’action. Ils devront nous écouter et établir des indicateurs de performance spécifiques à nos intérêts », dit M. Pelletier. Il semble donc que la plus grande barrière risque de venir des francophones.
Ils devront se mobiliser au sein de comités et se faire entendre. » Pour Guy Matte, les Franco-Ontariens auront toujours besoin de bagarreurs pour faire avancer leurs dossiers. « Le jour où nous baisserons les bras, c’est le jour où nous serons vaincus. » Le mot de la fin est réservé à Rolande Faucher, présidente de l’Association canadienne-française de l’Ontario à l’époque de la mise en œuvre de la Loi 8. « Nous ne pouvons pas nous arrêter tant que l’ultime objectif ne sera pas atteint, le jour où la province deviendra officiellement bilingue. »
Editeur : L'Action
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