Le 5 avril 2006
Volume 4
Numéro 13
L'Action
La pièce Les Femmes savantes est bien accueillie au Centre Desloges
London-La troupe de théâtre L’On Donne, du département d’études françaises de l’Université Western Ontario, a présenté sa nouvelle production Les Femmes savantes de Molière au Centre Desloges dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie. Plus de 130 personnes ont assisté à la pièce qui a reçu un fort bel accueil de la part du public.
Chef-d’œuvre théâtral, cette comédie paraît pour la première fois en 1672 et fait suite à L’Avare qui fut un échec. De nouveau, Molière s’en prend à ses contemporains et à leurs travers. Trissotin-Tricotin à l’origine, triple sot, bel esprit de la pièce, est une caricature de l’abbé Cotin (qui avait demandé l’excommunication des comédiens). Tout le Paris mondain attend avec impatience la venue sur scène de ce personnage.
L’autre aspect de la pièce aborde l’éducation des femmes, grand débat de l’époque portant sur l’égalité des sexes. Molière s’en prend également aux salons mondains, animés depuis plusieurs années par des femmes. Toute entreprise a ses revers, et celui des salons donna naissance aux précieuses et bientôt la liberté de langage s’en trouva amoindrie. Nul doute que la gauloiserie de certains « libertins » fut une réponse à ces dames. Il ne faut pas oublier qu’en ce qui concerne les mœurs, Molière n’était pas un grand révolutionnaire. Chaque chose à sa place, et la femme à la sienne. Une autre considération qu’il faut avoir à l’esprit sur le théâtre de l’époque : la scène sert de tribune. Elle permet de répondre aux détracteurs. C’est ce que fait Molière dans ses pièces.
La troupe L’On Donne a actualisé le texte quelque peu pour transposer l’action dans l’univers enfumé des salons philosophiques parisiens fréquentés par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Les acteurs sont David Heap (Chrysale), Emma Laval (Philaminte), Léna Lô (Armande), Irina Punko (Henriette), Nicolas Vicencio-Heap (Ariste), Mario Longtin (Bélise) qui signe aussi la mise en scène, Mikalai Kliashchuk (Clitandre), Kostia Tsedryk (Trissotin), Jacques Lamarche (Vadius), Anita Chetna Goela (Martine), et Felipe Vicencio-Heap (Julien et le notaire).
Sylvie Mailhot travaille pour l’ACFO et donne des cours de français au Collège Boréal à London. Avant le jour du spectacle, elle s’était occupée de dénicher des costumes pour quelques-uns de ses étudiants. Ceux-ci se sont donc retrouvés dans un local avant d’assister à la pièce et ont répété afin de se mettre dans le contexte. Par ailleurs, Mme Mailhot a bien apprécié la soirée : « La pièce est extraordinaire et le calibre professionnel. »
Editeur : L'Action
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