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Le 1er mars 2006
Volume 4 Numéro 8
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Darryn Grandbois et ses acolytes se révèlent à Sarnia

Sarnia-Spectacle après spectacle, les nouveaux venus Darryn Grandbois (auteur-compositeur-interprète), Mike O’Brien (guitariste) et Richard Deschênes (bassiste) se forgent une solide réputation. Les artisans de l’album DeGrandbois — Les biens, sorti en 2005, ont trouvé chaussure à leur pied avec le folk-rock.
Mais à Sarnia, ils avaient plutôt trouvé chapeau à leur tête! En effet, ils se sont présentés au public coiffés de façon originale. « On a passé la nuit dans une maison à Oil Springs, explique M. O’Brien après le spectacle. On y a trouvé ces chapeaux et on s’est dit que ça allait bien avec nos personnalités. »
M. Grandbois n’a pas mis de temps à plonger son public dans l’univers de ses chansons. Avec de courtes introductions à l’histoire de chacune d’elles, chacun se sent privilégié d’entrer dans son petit monde et de s’y reconnaître parfois. En effet, qui ne s’est pas senti un jour mélancolique, nostalgique ou encore follement amoureux? L’une des forces de l’auteur-compositeur-interprète est sans aucun doute de transposer magnifiquement ses émotions sur papier. Et quels acolytes il possède pour les mettre en valeur!
MM. O’Brien et Deschênes entrent à fond dans cet univers eux aussi. Le premier varie les sonorités et le second, les rythmes. D’ailleurs, ces fameux rythmes ne semblent pas avoir de secret pour les trois musiciens, car ils le manient à merveille. La soirée a commencé de belle façon, avec une chanson en constante accélération, que M. Grandbois a écrite dans l’Ouest canadien alors qu’il travaillait à planter des arbres. Dès lors, l’assistance savait qu’elle aurait droit à des interprétations senties et recherchées.
Le trio a enchaîné avec quelques balades acoustiques superbement exécutées. C’est dans Ô Marie, reprise de Daniel Lanois, que la beauté des harmonies vocales a envoûté le public pour la première fois. Qui plus est, la mélodie psychédélique que la guitare électrique de M. O’Brien y ajoutait ne pouvait faire autrement que de venir chercher le spectateur. Puis, Darryn Grandbois a introduit sa « preuve de volonté bilingue » avec la chanson Under a stormy sky, également de Daniel Lanois. Cette dernière, à tendance country, était entraînante à souhait.
Après quelques autres titres anglophones de son cru, l’artiste est revenu à ce qu’il appelle sa « schizophrénie culturelle francophone »! Les premières notes du bassiste sur la belle Chère Mélancolie annonçaient déjà beaucoup d’émotion. Le compositeur avait confié au préalable qu’il l’avait écrite sous forme de lettre à la mélancolie. Puis, la rythmique À contre-courant a irrévocablement démontré qu’il y avait une belle chimie entre les musiciens. Le premier set s’est terminé sur le thème de la relation amoureuse à distance avec Marie Madeleine, très bien exécutée à la guitare acoustique.
La deuxième partie a débuté lorsque Grandbois, seul sur scène, a parlé de sa première rencontre avec son père biologique à l’âge de 18 ans. Ce dernier lui a légué une mandoline dont il est visiblement très fier. Il en a fait usage pour interpréter Au Canada?, dans laquelle il traite de l’ambiguïté constitutionnelle qui règne dans notre pays. Il a ensuite repris sa guitare et s’est laissé aller sur du rhythm and blues avec deux chansons en anglais, dont l’une nécessitait un ajustement de tonalité. « Je me sens comme Bob Dylan ou Neil Young quand j’accorde ma guitare de la sorte », a-t-il illustré. Il ne manquait que l’harmonica pour que l’on s’y méprenne!
À plusieurs moments, le spectateur a l’impression de se retrouver dans l’ambiance intime d’un bar de style chansonnier du Vieux-Québec, surtout avec de belles reprises de Time to move on, de Tom Petty, et Y va toujours y avoir, de Richard Desjardins. La soirée s’est terminée avec une Valse du hasard grandiose, dans laquelle le bassiste Deschênes s’est illustré. Quant à M. O’Brien, il y a apporté une touche particulière avec son E-Bow, petit objet qui donne une couleur spéciale au son de sa guitare électrique.

Editeur : L'Action

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