Le 30 mai 2008
L’année polaire veut faire parler d’elle
Marianne Théorêt-Poupart
« Il doit y avoir du chocolat avec les granolas! » Cette formule, employée par la panéliste Ingrid Nielsen, du Secrétariat canadien pour l’Année polaire internationale, résume bien un des défis que rencontrent communicateurs et scientifiques du monde entier face à la divulgation de leurs travaux et recherches. Pour que monsieur et madame tout-le-monde apprennent, et s’intéressent au sujet, il faut que ce soit amusant. Une fois que l’intérêt a été suscité, c’est gagné!
En cette année de « 24 mois » qui débuta le 1er mars 2007 et s’achèvera le 1er mars 2009, des scientifiques du monde entier se penchent sur les enjeux environnementaux et sociaux aux pôles arctique et antarctique, changements engendrés par le réchauffement climatique et qui influencent la planète entière.
En plus des recherches poussées, l’éducation et la sensibilisation sont aussi des éléments clés de cette machine incroyable qu’est l’Année polaire internationale, qui a des bureaux régionaux, nationaux et international.
Les personnes réunies au Collège du Yukon, du 24 au 27 mai, à l’occasion de la 37e conférence annuelle de l’Association canadienne des rédacteurs scientifiques (ACRS), qui se tenait pour la première fois à Whitehorse, ont débattu des prochains 12 prochains mois de l’Année polaire internationale, en plus de parler des particularités de la science au Nord et des connaissances qui y sont rattachées.
Une richesse qui ne devra pas être perdue, ou dissoute, lorsque le 1er mars 2009 arrivera, met en garde Mme Nielsen. « L’intérêt, le travail et les idées qui sont développés depuis deux ans devront être poursuivis » mettait-elle son auditoire en garde.
Mais de quelle façon? Comment aviver l’intérêt du public averti et surtout, celui d’un plus large auditoire qui ne s’intéresse normalement pas aux sujets environnementaux?
Tim Lougheed, président de l’ACRS, fournit un semblant de réponse. « Il faut raconter une bonne histoire. Souvent, la science fait peur. Sans fausser la réalité, il faut la rendre accessible. »
Une bonne histoire
Comme le mentionne Bob Van Dijken, coordonnateur de l’API pour le Yukon, il y a des projets qui originent directement de certaines Premières nations, ce qu’il approuve et appuie fortement, plutôt que le cas inverse, où une Première nation est l’objet d’une étude par les scientifiques.
« La communauté des Gwitchin Vuntut, à Old Crow, a invité des scientifiques chez eux afin d’élaborer une proposition pour étudier les changements environnementaux et l’utilisation traditionnelle dans la plaine d’Old Crow. Ce sont eux qui ont dicté leurs besoins, et non le contraire. Ils étudieront intensément une zone, au lieu d’étudier une espèce sur un large territoire. » Le projet examinera entre autres les changements dans la santé des membres de la nation et leur alimentation (harde de caribous de la Porcupine), la végétation, la qualité de l’eau, le sol volcanique, les populations de rat musqué et d’orignal, et le pergélisol, par comparaison avec les changements climatiques depuis les temps les plus reculés.
Ce ne sont pas les idées qui manquent pour diffuser l’information à propos des recherches faites dans le cadre de l’API. L’art visuel, le théâtre, le multimédia et les contes sont toutes des idées qui ont déjà été articulées pour en faire des véhicules de la science.
Le 15 mai, 17 projets financés par l’API dans le cadre des activités de formation, de communication et de relations externes étaient révélés. Une enveloppe de 5,2 millions a été allouée pour l’objectif de communication. Trois des projets acceptés ont été élaborés au Yukon. Un de ceux-là consistera à amener des touristes déjà sur place sur la route Dempster, afin de leur faire découvrir un aspect de l’histoire naturelle de la région, tout en établissant des liens avec l’API et les enjeux environnementaux de la région.
Editeur : L'Aurore boréale
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