Le 25 mai 2004
Élection fédérale 2004
Aux urnes, le 28 juin prochain!
Étienne Alary
Après quelques semaines à saveur préélectorale, le premier ministre du Canada, Paul Martin s’est finalement rendu à Rideau Hall, le 23 mai dernier, afin de demander à la Gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, de dissoudre la 37e assemblée législative.
Il y aura don une élection générale au pays et le jour du scrutin est prévu pour le lundi 28 juin 2004. À sa sortie de Rideau Hall, Paul Martin a fait le bilan de ses cinq mois au pouvoir, période au cours de laquelle il dit avoir donné plus de pouvoir au députés, où le gouvernement a instauré une Politique globale de sécurité nationale et où le fédéral a entrepris de forger une nouvelle et profitable relation avec nos provinces, nos territoires et nos municipalités.
Paul Martin dit vouloir en faire plus et c’est pour cette raison qu’il demande à la population canadienne de réélire un gouvernement libéral. « Je vais donc demander à la population le mandat de bâtir ce plan. Et c’est pourquoi des élections s’imposent en ce moment. Nous sommes un nouveau gouvernement qui a une nouvelle approche. Nous sommes en face d’une nouvelle opposition officielle dont les valeurs et les politiques diffèrent radicalement des nôtres », a mentionné Paul Martin.
Ce dernier s’est permis quelques flèches vers les chefs des autres partis. « Les autres partis ont d’autres priorités. Jack Layton et le Nouveau Parti démocratique sont d’avis que le gouvernement devrait tout faire lui-même. À tout problème, les Néo-démocrates proposent la même solution : une solution qui comporte un signe de dollar et une longue file de zéros. Ils semblent incapables de s’adapter à un pays et à un monde en croissance qui change aussi rapidement », lance le chef libéral.
Ce dernier estime que Gilles Duceppe et le Bloc ne veulent pas du Canada. « On le sait, même s’ils n’en parlent pas beaucoup. Le Bloc n’a qu’une seule priorité: c’est sortir le Québec du Canada. Le Bloc prétend défendre les intérêts du Québec. Moi, je peux compter sur une équipe qui va promouvoir les intérêts du Québec. Voter pour le Bloc,
c’est donner le pouvoir aux autres. Il ne faut pas que le Québec s’isole et se cantonne dans une opposition perpétuelle. », déclare Paul Martin.
Selon le chef libéral, les conservateurs veulent américaniser le Canada. « Il y a aussi le parti de la droite, qui s’est modifié. Mais, les Canadiens comprennent bien que le Parti conservateur d’aujourd’hui est le même que le Parti progressiste conservateur d’antan. C’est un parti qui ne se donne plus le qualificatif de « progressiste » et cela, pour de bonnes raisons », indique Paul Martin. « Stephen Harper a clairement exposé ce qu’il envisage pour le Canada. Il a dit et répété, et encore la semaine dernière, que son intention était de réduire les impôts jusqu’à ce qu’ils soient plus bas que ceux des États-Unis », ajoute-t-il.
Les commandites
Si dans son discours, Paul Martin a évité de parler du « scandale des commandites », les chefs des autres partis ont voulu s’assurer que les Canadiens n’oublient pas ce dossier. « L'heure de rendre des comptes est arrivée », de lancer Stephen Harper. « Paul Martin a promis qu'il n'y aurait pas d'élections tant que nous ne saurions pas où sont passés les millions de dollars. Aujourd'hui, il a brisé cette promesse et c'est aux électeurs de demander des comptes au gouvernement pour le gaspillage, la mauvaise gestion et la corruption sans précédent », souligne le chef conservateur.
Du côté du Bloc québécois, le temps est venu pour la population de sanctionner le Parti libéral du Canada. « Le scandale des commandites ne doit pas nous faire oublier l’utilisation des fonds publics à des fins partisanes, le détournement de la caisse de l’assurance-emploi, le milliard $ englouti dans le registre des armes à feu et les nombreuses nominations partisanes » a expliqué le chef du Bloc québécois. « Paul Martin doit maintenant rendre des comptes; il ne pourra pas effacer son bilan comme il a effacé le déficit du gouvernement fédéral sur le dos du Québec et des provinces », a-t-il précisé.
De son côté, Jack Layton est d’avis que les Canadiens doivent travailler « ensemble pour redonner espoir à la politique parce que la politique doit compter. »
Langues officielles
Pour les francophones vivant en milieu minoritaire, la question des langues officielles sera un enjeu de taille au cours de cette campagne et la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada veillera au grain.
« Si l’on se fie aux déclarations des chefs fédéraux et aux positions de leur parti, la reconnaissance de la dualité linguistique comme l’une des valeurs fondamentales du Canada jouit d’un très large consensus », affirme le président de l’organisme, Georges Arès.
Si la position des libéraux en matière de dualité linguistique est claire, celle du Parti conservateur s’est précisée à la suite à la fusion du Parti progressiste conservateur et de l’Alliance canadienne. « Je suis heureux d’entendre M. Harper dire qu’il respectera avec fierté et conviction l’esprit et la lettre de la Loi sur les langues officielles », soutient M. Arès. « . Mais nous devons savoir si son engagement est réellement profond, surtout au niveau du financement nécessaire au développement de nos communautés et du leadership que le gouvernement fédéral doit assumer dans ce domaine » ajoute-t-il.
Toujours selon la FCFA, l’appui du Bloc québécois est indéniable alors que le chef du Nouveau parti démocratique Jack Layton est en principe sympathique aux droits des francophones, mais « il ne s’est que rarement prononcé sur les enjeux importants pour nos communautés, » conclut Georges Arès.
Editeur : Association de la presse francophone
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