Élection fédérale 2004


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Le 26 mai 2004

Élection fédérale 2004

ÉDITORIAL: c'est parti !

Manon Raîche (Le Reflet)

Les élections fédérales ont été déclenchées officiellement dimanche. Les candidats qui avaient déjà pris une longueur d'avance, car l'odeur d'élections flottait déjà dans l'air depuis quelques semaines, sont donc prêts pour une course qui les mènera au fil d'arrivée, le 28 juin.

Les événements des dernières semaines : scandale des commandites, fraudes, arrestations ont secoué les assises de la vie politique canadienne. L'erreur ou le mensonge ne saurait faire de doute dans tout ce dossier, cela relève de l'évidence. Mais la morosité des électeurs canadiens s'enfoncent bien au-delà des scandales, car il s'agit d'un réveil brutal face à la chose politique et à ses politiciens. Le scandale des commandites éclaboussent l'ensemble des politiciens qui devront démontrer leur capacité à nettoyer les écuries d'Augias. Et attention, nul ne prend vraiment au sérieux les prétentions à la pureté des mœurs démocratiques des autres partis politiques. Tous les gouvernements ont eu leur lot de scandales.

Le gouvernement libéral devra répondre de ses actions et l'heure est très certainement au bilan du précédent gouvernement. Il est juste dommage qu'un des premiers intéressés, l'ancien premier ministre Jean Chrétien, ne soit plus de la partie pour faire face à ce bilan, car, à ne pas oublier, il est l'instigateur et le responsable de ce scandale. Il faudrait bien remonter à la source, le travail semble-t-il trop ardu pour les journalistes ? Nous ne pouvons que dénoncer par ailleurs ce travail journalistique de la presse francophone qui semble avoir oublié la paternité des événements. C'est là qu'un bon journalisme d'enquête serait profitable. Et c'est là que l'on voit aussi tous les problèmes et les effets pervers reliés à la concentration de la presse et au monopole. Une seule direction et une seule facette de l'information.

Oui, heure des bilans, mais attention, on n'élit pas un prochain gouvernement qu'en regardant en arrière, car attention à l'accident. À regarder en arrière, on n'est pas en mesure de savoir où l'on s'en va ! Et les partis politiques qui veulent ravir le pouvoir aux Libéraux devront proposer à l'électorat autre chose que des dénonciations répétitives où l'on continue à enfoncer des clous déjà enfoncés. C'est très certainement le problème du Bloc québécois qui se fait des gorges chaudes du scandale, et qui mobilise l'opinion publique autour des événements où Jean Chrétien a confondu sans grand scrupule les coffres de l'État avec une caisse électorale; mais ce même Bloc n'est pas en mesure de proposer un programme autre que celui d'être un chien de garde des intérêts québécois, un pouvoir très relatif quand on n'est pas aux commandes du pays.

Les électeurs devront se pencher sérieusement sur les programmes des différents partis, mais aussi sur les croyances profondes qui les motivent. Bien des événements au Québec sont reliés aux croyances profondes d'un conservateur du nom de Jean Charest, envoyé à la tête du Parti libéral pour freiner le Parti québécois, mais un Jean Charest non moins conservateur dans l'âme. Les électeurs devront aussi se méfier de la promesse, car les gouvernements nous ont appris qu'ils ont bien de la difficulté à les rencontrer et qu'il y a un décalage entre la prévision et le résultat. Les électeurs auront eux aussi du pain sur la planche, celui de faire un réel travail afin de tout bien peser des déclarations et des intentions des différents partis et de leur chef.

Les partis qu'ils se nomment Libéral ou Conservateur devront présenter une plate-forme électorale solide et crédible et surtout proposer un projet d'avenir aux électeurs canadiens. C'est leur tour de parole.


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