Le 2 juin 2004
Élection fédérale 2004
Vu de haut… Méchant contexte!
Commentaire de Simon Bérubé
Ici, aux Territoires du Nord-Ouest, c’est comme s’il n’y avait pas d’élections jusqu’à maintenant. Les candidats connus sont la députée libérale sortante, Ethel Blondin-Andrew, qui cherche à obtenir un cinquième mandat consécutif et le néo-démocrate Dennis Bevington, qui avait croisé le fer avec Mme Blondin-Andrew à l’élection de 2000.
Probablement trop occupés à faire du porte-à-porte dans les 33 communautés parsemées sur l’immense territoire, aucun d’entre eux n’a encore véritablement sauté dans l’arène publique. Après une semaine et demie de campagne, aucun candidat n’a encore fait de conférence de presse ou interpellé son adversaire sur les dossiers du Nord.
Du côté conservateur, c’est le calme plat. Une récente rumeur disait que le candidat serait un inconnu, venu de Terre-Neuve-et-Labrador, pour se chercher un emploi… Vraiment de quoi prouver que Yellowknife est vraiment la ville canadienne où les opportunités sont sans limites!
De son côté, le Parti vert présentera un environnementaliste bien connu dans la capitale ténoise, Chris O’Brien.
Par contre, lorsque l’on regarde la campagne au niveau national, on voit bien que le contexte a changé et que les tendances démontrées par les sondages prêtent bien à tous les scénarios de « politique-fiction ».
Les sondages
Au moment d’écrire ses lignes, un nouveau sondage Ipsos-Reid était publié. Ce sondage confirmait la remontée du Parti conservateur sur le Parti libéral de Paul Martin. Le texte de La Presse mentionnait même la possibilité que le Canada soit dirigé, après le 28 juin, par une coalition du Parti conservateur et du Bloc québécois (!).
Est-ce que Stephen Harper pourrait aller jusque-là pour s’installer au pouvoir ? Il serait effectivement risqué, pour lui, de frayer avec les « séparatistes » québécois. En plus d’outrer plusieurs de ses électeurs, cette situation donnerait des armes, déjà chargées, à ses adversaires libéraux et néo-démocrates.
Une telle coalition pourrait cependant assoupir les inquiétudes des francophones, échaudés par les récentes déclarations du député Scott Reid sur le bilinguisme. Avec la balance du pouvoir, le Bloc ne laisserait vraisemblablement pas les Conservateurs jeter un pavé dans la marre du bilinguisme officiel. Les Conservateurs devraient aussi mettre de l’eau dans leur vin en ce qui à trait à l’amour profond qu’ils ressentent pour les politiques à l’américaine.
Le NPD
Du côté du Nouveau parti démocratique, il semble que la sympathie des électeurs à l’endroit du nouveau chef, Jack Layton, ne se traduise pas en intention de vote. Selon le sondage Ipsos-Reid, la « conscience sociale du Canada » recueillerait 16 % des voix. Même pas suffisant pour obtenir une vingtaine de sièges au Parlement.
Les libéraux
En déclenchant les élections, Paul Martin s’attendait certainement à ce que ce ne soit pas si facile. Cependant, la grogne des électeurs face aux gouvernements provinciaux du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique projette une ombre sur sa campagne. C’est sans parler du scandale des commandites et du milliard de dollars engloutis dans le registre des armes à feu.
Selon le sondage Epsos-Reid, même une coalition néo-démocrate et libérale ne serait pas suffisante pour former un gouvernement majoritaire. S’il veut demeurer premier ministre, Paul Martin devra vraisemblablement redoubler d’ardeur et visiter très souvent le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, en plus de ravir quelques sièges aux conservateurs au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. De plus, il devra créer des ponts avec l’ancien clan Chrétien, au sein même de son parti, afin de donner l’image d’une formation politique unifiée. Le problème, c’est qu’en même temps, il se rapproche de ceux que le public semble associer au dossier des commandites.
Il reste encore quatre semaines à la campagne et rien n’est perdu pour Paul Martin. Ce dernier devra cependant revoir sa stratégie puisqu’à voir les tendances illustrées dans les sondages, le message ne passe pas. De plus, l’usure de trois mandats libéraux consécutifs amène les électeurs à considérer les solutions de rechange.
Commentez cet article
|
|