Élection fédérale 2004


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Le 16 juin 2004

Élection fédérale 2004

Le silence de Harper inquiète la FCFA

Étienne Alary

Le dicton dit : « Le silence est d'or, la parole est d'argent ». Cependant, pour la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le mutisme du chef conservateur en matière de bilinguisme laisse présager le pire.

« Le débat des chefs en français a été une occasion manquée pour tout le monde de clarifier toute la question de support à l’égard des minorités linguistiques », de déclarer le président de la FCFA, Georges Arès.

Selon ce dernier, les Paul Martin, Jack Layton et Gilles Duceppes ont tous raté la chance de mettre Stephen Harper dans les câbles. « Ils avaient la chance de demander à M. Harper de clarifier la position de son parti en matière de langue officielle à la suite des déclaration de M. Reid », indique Georges Arès. « Ils ont manqué la chance de le mettre au pied du mur », ajoute-t-il.

On se souviendra que Scott Reid, un ancien membre de l’Alliance canadienne, était le critique du Parti conservateur en matière de langues officielles. Il a démissionné en début de campagne après avoir évoqué la possibilité de réduire la portée de la Loi sur les langues officielles.

Selon Georges Arès, la porte était également entre ouverte pour Stephen Harper et ce dernier a choisi de ne pas mettre le pied dedans. « Sa position face aux services de Radio-Canada pour tout le Canada était encourageante, mais au lieu d’aller au nœud de la question de la dualité linguistique, M. Harper a préféré parler du fait qu’il avait décidé d’apprendre le français », mentionne le président de la FCFA.

Une réponse qui se fait attendre
M. Harper est également le seul qui se fait encore attendre pour retourner un questionnaire que la FCFA a fait parvenir à tous les chefs des partis politiques. « Je pense que M. Harper a choisi de ne pas y répondre. Il veut se maintenir à certaines généralités alors que notre questionnaire était très spécifique », fait remarquer M. Arès.

Ce questionnaire demandait aux partis de se prononcer sur la dualité linguistique comme valeur canadienne, sur le leadership du gouvernement à l’égard du développement des communautés de langue officielle et sur le financement du développement des communautés francophones et acadiennes.

« M. Harper ne veut pas être spécifique. Lors de l’élection 2000, le parti de l’Alliance canadienne avait répondu. Ce n’était pas très bon pour nous, mais au moins, nous savions à quoi s’en tenir », explique M. Arès.

Même l’élection d’un gouvernement conservateur minoritaire ne serait pas vue d’un bon œil. « Il y a plein de choses qui peuvent être faites au détriment des communautés sans que cela ne passe par le gouvernement », explique le président de la FCFA.

Donc, au cours des deux prochaines semaines, la FCFA devra redoubler d’efforts pour clarifier cette situation « inquiétante », puisque selon Georges Arès, les déclarations de Scott Reid ont « dévoilé l’agenda caché de M. Harper ».

Ce travail ira aussi au-delà des élections. « Que le Parti conservateur soit au pouvoir ou non, le 29 juin, nous allons devoir continuer le travail afin que ce parti adopte une position plus ouverte en matière de bilinguisme que ce que laisse entendre M. Harper », conclut Georges Arès.

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