Le 29 juin 2004
Élection fédérale 2004
Un gouvernement libéral minoritaire est élu…
Étienne Alary
Les Canadiens se sont prononcés et pour une quatrième élection consécutive, ils ont décidé d’accorder leur confiance au Parti libéral du Canada (PLC). Cependant, au même moment, les quelque 13,48 millions d’électeurs du pays qui se sont prévalus de leur droit de vote, pour un taux de participation de 60,5 % ont lancé un message clair au PLC puisque les libéraux devront manœuvrer avec un gouvernement minoritaire.
En effet, en remportant 135 des 308 circonscriptions, les Libéraux de Paul Martin n’auront pas obtenu la majorité nécessaire de 155 sièges. Donc, pour une 10e fois depuis le début de la Confédération, c’est un gouvernement minoritaire qui est entré au pouvoir et pour une 6e fois de l’histoire, ce gouvernement minoritaire sera libéral.
« Nous avons discuté la campagne la plus serrée en 25 ans », a déclaré Paul Martin en faisant allusion au premier gouvernement minoritaire au Canada depuis 1979.
Celui qui prenait la parole devant ses partisans de Lasalle, près de Montréal, a ajouté qu’il avait saisi le message. « Les Canadiens attendent plus de nous. Nous devons faire mieux : j'en prends l'engagement ce soir. »
Tout au long de la soirée électorale, une coalition avec le Nouveau Parti démocratique (NPD) semblait à la portée de la main des libéraux, mais en bout de ligne, cela ne pourra pas être entièrement possible puisque le NPD n’a récolté que 19 sièges. Malgré tout, le chef NPD, Jack Layton, s’est réjoui de la percée néo-démocrate puisque ce parti a obtenu deux fois plus de votes et a fait élire deux fois plus de députés qu’en 2000.
M. Layton promet d’avoir Paul Martin à l’œil.« Paul Martin a pris des engagements au cours des dernières semaines. Nous allons l'obliger à respecter ses engagements, avec toutes nos énergies », indique M. Layton alors qu’il prenait la parole à Toronto.
Parmi ces dossiers, notons la santé, le pacte avec les municipalités, sans oublier la tenue éventuelle d’un référendum sur la représentation proportionnelle.
C’est le Parti conservateur de Stephen Harper qui agira à titre d’Opposition officielle puisque le PC a récolté 99 sièges. « Je reconnais que je ressens une certaine déception ce soir », de lancer M. Harper qui était à Calgary le soir du scrutin.
Malgré tout, le chef conservateur était satisfait des progrès de ce nouveau parti en très peu de temps. Plus que tout, Stephen Harper était satisfait du fait que les électeurs « ont privé les libéraux de la majorité à laquelle ils pensaient avoir droit », fait-il remarquer.
Finalement, au Québec, la vague bloquiste a fait des siennes, comme en 1993, alors que le Bloc québécois est allé chercher 54 sièges sur une possibilité de 75. En reprenant le thème de sa campagne, le chef Gilles Duceppe a parlé d’une « victoire propre » au Québec.
Soulignons aussi qu’un candidat indépendant a été élu en Colombie-Britannique.
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