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Le 19 janvier 2006

Sous le regard de l'APF - Élections 2006

Les électeurs de Glengarry—Prescott—Russell, Ont. appelés aux urnes lundi

Par : Danny Joncas
Editeur : Association de la presse francophone

C’est finalement lundi soir, 23 janvier, que l’on saura si le règne des libéraux se poursuivra dans la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell ou si un candidat d’un autre parti représentera la région à Ottawa, ce que les gens de la nouvelle génération de travailleurs n’ont jamais eu l’occasion de voir.

Après environ six semaines de campagne électorale, à entendre ce que chacun des candidats aspirant à la succession de Don Boudria à titre de député avait à dire et à proposer pour la région de Glengarry-Prescott-Russell, les gens devront arrêter leur choix ce lundi.

Comme ce fut le cas lors de la dernière élection, on peut anticiper que l’on assistera à une lutte entre deux candidats, c’est-à-dire René Berthiaume du Parti libéral et Pierre Lemieux du Parti conservateur. De plus, ceux qui ont suivi de près la campagne électorale s’attendent à un résultat serré alors que les deux candidats ont mené une campagne très active.

Tout d’abord, pour ce qui est de René Berthiaume, même s’il a passé la majeure partie de la campagne électorale dans l’est de la circonscription, il a fait visiter l’Est ontarien à la vice-première ministre du Canada, Anne McLellan. Pour sa part, Pierre Lemieux a coordonné la visite de son chef, Stephen Harper, à Casselman en plus de celle du chef-adjoint du Parti Conservateur, Peter MacKay, à Embrun.

Les quelques paragraphes qui suivent offrent un bref profil du candidat que présente chacun des quatre principaux partis politiques dans la circonscription.

Parti libéral
Il y a belle lurette qu’un député représentant un autre parti que le Parti libéral a été élu dans Glengarry-Prescott-Russell. En fait, le représentant de la circonscription à la Chambre des communes depuis une quarantaine d’années est libéral. Don Boudria occupe ce poste depuis quelques mandats, mais l’an dernier, il annonçait qu’il se retirait de la vie politique au terme du présent mandat. Pour lui succéder, les libéraux ont fait confiance à René Berthiaume, un homme d’affaires de la région de Hawkesbury.

Âgé de 53 ans, M. Berthiaume est copropriétaire du Salon funéraire Berthiaume, à Hawkesbury, et a toujours été activement impliqué au sein de sa communauté, particulièrement au niveau des services de santé. De plus, il a été président de l’Association libérale de Glengarry-Prescott-Russell pendant plusieurs années.

«Si je suis élu, je m’engage à redonner une économie vibrante à la région de Hawkesbury. Du côté de l’agriculture, je vais appuyer le système de gestion de l’offre et l’établissement d’un abattoir dans l’Est ontarien. Dans l’ouest du comté, je veux développer l’infrastructure à Rockland et contribuer à ce que l’Académie de hockey aille de l’avant à Embrun», commente M. Berthiaume au sujet de ses priorités pour Glengarry-Prescott-Russell. «En affaires, j’ai réussi en investissant dans mes employés et en politique, j’investirai dans mes citoyens», poursuit-il.

Quant à ceux qui critiquent ce que les libéraux ont accompli durant leurs années au pouvoir, M. Berthiaume répond que le Canada jouit d’une situation économique et sociale enviable. «Je pense que la société canadienne va sensiblement bien si l’on se compare à d’autres pays, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas améliorer notre situation», mentionne-t-il en avisant les électeurs que les politiques du Parti conservateur sont une copie conforme de ce que prône le gouvernement Bush aux États-Unis.

Parti conservateur
Lors des plus récentes élections fédérales, le Parti conservateur avait récolté une bonne part des votes dans la circonscription, réduisant la marge de Don Boudria à une majorité de 5000 voix. Cette année, ils ont été très présents dans la région et une défaite aux élections de lundi serait considérée comme un échec alors que les dirigeants du Parti conservateur estiment avoir de bonnes chances de l’emporter dans l’Est ontarien.

Pour remporter ce siège, les conservateurs ont accordé leur confiance à Pierre Lemieux, qui en est à ses débuts en politique. Aujourd’hui âgé de 42 ans, Pierre Lemieux a été un membre des Forces armées canadiennes pendant 20 ans et en est sorti avec le grade de lieutenant-colonel.

Tout au long de sa campagne électorale, il a misé sur le manque de transparence au sein du gouvernement, exploitant les récentes bévues commises par les libéraux à la moindre occasion. «Le système en place actuellement ne fonctionne pas et les gens veulent du changement. Il faut ramener de l’honnêteté, de l’intégrité et de la responsabilité au sein du gouvernement, car les libéraux n’ont plus aucune crédibilité», souligne-t-il dans un français qui s’est amélioré mais qui laisse encore place à l’amélioration.

Aussi, l’un des points sur lesquels Pierre Lemieux a insisté au cours de sa campagne est l’agriculture. D’ailleurs, il a su s’attirer la faveur de bon nombre d’agriculteurs, qui représentent une part importante de l’électorat dans Glengarry-Prescott-Russell. «Au point de vue de l’agriculture, on sait qu’il existe des problèmes. Les libéraux ont eu 12 ans pour corriger ces problèmes et après 12 ans, rien n’a changé. C’est même pire qu’avant», lance Pierre Lemieux.

Nouveau Parti démocratique
Le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui n’avait pas obtenu des résultats fructueux lors des dernières élections fédérales en juin 2004, s’est trouvé une candidate locale cette fois. En effet, le NPD nommait récemment Jo-Ann Fennessey, une résidante de Bourget, à titre de candidate néo-démocrate pour les élections du 23 janvier.

«Si j’ai décidé de me présenter, c’est que je crois aux valeurs du NPD et de son chef Jack Layton. Je crois aussi que je peux faire un changement et j’aimerais avoir l’occasion d’essayer d’apporter du changement», explique Mme Fennessey au sujet de sa décision de représenter le NPD dans Glengarry-Prescott-Russell.

«Je n’aurai pas toutes les réponses à vos questions, mais je promets de vous écouter et de faire tout en mon possible pour aller chercher les réponses à vos questions», ajoute-t-elle.

«Je travaille dans le domaine des droits de la personne depuis maintenant 28 ans et je crois en le respect, la dignité et l’intégrité de la personne. Avec les politiques qu’ils proposent, les néo-démocrates peuvent apporter ces mêmes valeurs à la famille»

Enfin, Mme Fennessey, qui s’exprime très bien à la fois en français et en anglais, estime qu’une circonscription dont environ les deux tiers de la population sont des francophones nécessite que l’on accorde une importance particulière aux dossiers traitant de la francophonie. «Il ne faut pas oublier la richesse de la communauté francophone que les libéraux ont tenu pour acquis et que les conservateurs tentent d’ignorer hors du Québec.»

Parti vert
Pour les présentes élections, le Parti vert mise sur une jeune candidate de 24 ans de Hawkesbury, Bonnie Jean-Louis, qui en est à une première expérience en politique. «À la base, ce sont mes valeurs et mes croyances qui font de moi une représentante du Parti vert. Le Parti vert, enfin, est un parti politique qui représente les gens qui, comme moi, veulent avoir un avenir qui en vaut la peine et qui veulent investir envers ce même avenir », précise Bonnie Jean-Louis au sujet des motifs qui l’ont poussée à se présenter lors de ces élections. «Je crois qu’il nous faut agir maintenant si on veut un avenir viable, durable et en santé.»

«Plus j’avance dans cette première expérience en politique, plus je vois que c’est le meilleur chemin à prendre pour apporter ce changement qu’il nous faut tant. C’est la meilleure façon d’apporter de l’influence tant au plan local que global», ajoute la jeune candidate du Parti vert, qui estime que l’on doit favoriser le développement d’opportunités pour les jeunes, eux qui constituent «les citoyens et héritiers de demain».

«On doit avoir la chance de se faire entendre et de s’impliquer lorsque l’on parle de plans futurs, car c’est notre vie qui est en jeu», indique Mme Jean-Louis avant d’enchaîner avec les priorités du Parti vert dans Glengarry-Prescott-Russell.

«On veut pouvoir prévenir les problèmes de santé au lieu de tout miser sur la guérison si dispendieuse. On veut également des emplois qui nous valorisent et nous encouragent à se sentir importants dans le développement de notre avenir. Aussi, il faut que l’éducation soit un droit plutôt qu’un luxe et un privilège. Il est aussi important que l’on ait la possibilité d’acheter bio et équitable pour nourrir notre corps de façon saine», poursuit-elle.

Au Parti vert, l’un des points central de la plate-forme électorale porte sur l’environnement et la qualité de l’air. «On a besoin du transport en commun pour assurer un accès moins polluant et moins dispendieux aux villes, aux services, aux emplois et aux écoles. L’environnement doit être durable», commente la candidate locale en conclusion.



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