Le 18 janvier 2006
Volume 40
Numéro 2
Le Rempart
Mina Grossman, une amoureuse de la langue française
Par : Yves Tremblay
Editeur : Le Rempart
Windsor-
L’Orchestre symphonique de Windsor (OSW) compte dans ses rangs une sympathique dame qui fonce dans la vie tambour battant. Pendant que les musiciens de l’OSW s’occupent d’en mettre plein la vue et plein les oreilles de leur public, Mina Grossman, elle, contribue à sa manière, sans tambour ni trompette.
Mme Grossman est née en Pologne durant la Deuxième Guerre mondiale. Ses parents ont réussi à échapper à l’enfer des camps de concentration en se cachant en Russie, entre autres. Après la guerre, ils sont revenus en Pologne où on les a placés dans les camps de personnes déplacées en attendant qu’un pays les accepte en tant que réfugiés. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés en Amérique du Nord.
Mme Grossman a grandi à Toronto. Elle qui dit avoir une bonne oreille pour les langues en parlait déjà plusieurs à un très jeune âge. C’est en 9e année qu’elle a commencé à apprendre le français, langue qu’elle dit adorer. Plus tard, elle étudiera en langues et littératures modernes à l’Université de Toronto. Elle raconte qu’elle a appris à parler le français de France et que les enseignants déconseillaient d’apprendre le français québécois ou canadien. À part les langues de Molière et Shakespeare, Mme Grossman parle l’allemand, le russe et l’italien.
Après l’université, elle obtient une bourse pour aller à la Sorbonne. Elle revient ensuite à Toronto pour faire des études supérieures. Après cela, elle se rend en Angleterre avec son mari Ron W. Ianni et trouve un poste comme enseignante de français. Quelque temps après, son mari trouve un emploi à la faculté de droit de l’Université de Windsor après avoir fait son droit en Angleterre. Il en deviendra plus tard le recteur.
Pendant ce temps, elle se trouve un emploi comme pigiste à Radio-Canada (CBEF) en 1972. « Je trouvais les gens très intéressants. Ça a été une révélation pour moi. » Elle y faisait, entre autres, les petites annonces (calendrier des événements). Petit à petit, elle devient journaliste à la pige puis réalisatrice à temps plein, principalement pour une émission d’affaires publiques. En 1984, elle devient directrice de la programmation. Elle décide de prendre une retraite anticipée en 1997 parce que son mari est malade. L’année avant de quitter, elle était directrice des stations de Windsor et Toronto.
Pendant une année à être absente du marché du travail, quelqu’un lui propose de siéger sur le conseil d’administration de l’OSW. Elle accepte, car elle veut rester en contact avec la culture et la musique : « Je trouve qu’il est important d’avoir un bel orchestre dans une communauté. » Elle avait d’ailleurs organisé un radiothon au profit de l’OSW en 1989 alors qu’elle était directrice de CBEF. Cette initiative lui avait valu le prix du président. En août 1998, elle devient directrice générale de l’orchestre, poste qu’elle occupera pendant trois ans.
Mme Grossman est directrice de développement à temps partiel pour l’OSW depuis 2001 et s’occupe des campagnes de financement de l’organisme. Cette année, il y aura 20 concerts dans les écoles, dont huit seront donnés en français. L’amoureuse de la langue française s’en réjouit.
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