Le 1er mars 2006
Volume 40
Numéro 8
Le Rempart
Une marche du patrimoine à Grande Pointe
Par : Richard Caumartin
Editeur : Le Rempart
Grande Pointe-
Pour commémorer la Semaine du patrimoine ontarien qui avait lieu la troisième semaine de février, un groupe de paroissiens des églises St-Philippe de Grande Pointe et Immaculée Conception de Pain Court se sont réunis pour une marche de protestation contre la recommandation reçue par le diocèse de London de fermer l’église St-Philippe.
Durant cette semaine-là, les collectivités de toute la province offrent des activités qui redonnent vie au patrimoine. Cependant, dans le dossier de restructuration des paroisses du diocèse de London, la plupart du temps, c’est le patrimoine francophone qui subit les conséquences, les pertes et la déchirure.
C’est d’ailleurs le sentiment des paroissiens de la paroisse St-Philippe qui ne digèrent plus les explications du bureau de Mgr Fabbro, ni des responsables dans ce dossier. Ils ont peur de la décision sans appel suite aux recommandations de fermeture, étape qui sera franchie dès ce mois-ci.
« Cette marche de paix nous permet de faire passer notre message et de sensibiliser nos francophones et les intervenants dans ce dossier au dilemme devant lequel nous sommes placés, explique l’une des paroissiennes Donna Bourgeois. Nous soulignons le fait que nos églises francophones disparaissent de plus en plus sous des messages de paix. Mais nous nous posons la question suivante : est-ce une réorganisation ou une destruction? »
Le temps de l’inaction pour eux est bel et bien terminé : « Nous voulons prendre un rôle plus actif dans ce dossier, admet Denise Benoit. Il y a des gens qui prient, nous allons agir. Nos jeunes sont choqués de voir leur église fermer. »
Profondément déçue et attristée, Mme Bourgeois ne mâche pas ses mots. « La pénurie de prêtres francophones nous coûte cher et c’est le cas aussi de bien d’autres paroisses en Ontario français. Ils nous ont dit que là où il y a plus de monde rassemblé, la foi est plus grande. C’est très douteux comme affirmation et épouvantable! Nous voulons aujourd’hui éveiller les gens à notre patrimoine francophone. C’est une marche de paix pour démontrer la problématique de leur décision. Pourquoi notre foi serait-elle moins grande parce que nous sommes moins nombreux que dans une église anglophone? Je suis outrée! »
La décision devrait être prise pour entreprendre la fermeture de la paroisse St-Philippe et la fusionner avec celle de l’Immaculée-Conception de Pain Court dans les prochaines semaines. Un communiqué émanant du bureau de Mgr Fabbro expliquera la décision qui, sans l’ombre d’un doute, brisera le cœur de cette petite communauté de bâtisseurs de la région de Chatham.
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