Le 29 mars 2006
Volume 40
Numéro 12
Le Rempart
Une victoire pour la conservation des églises francophones
Par : Richard Caumartin
Editeur : Le Rempart
Lakeshore et Belle-Rivière-
Une réunion fort attendue du conseil municipal de Lakeshore a eu lieu le 13 mars dernier à Belle Rivière. Au menu, quatre recommandations importantes pour la désignation patrimoniale des églises de Saint-Joachim et l’Annonciation de Pointe-aux-Roches. Les membres du conseil examinent ce dossier depuis novembre 2004 après de nombreuses discussions avec les responsables de S.O.S.-Églises, les représentants du diocèse de London et le solliciteur municipal.
Les conseillers municipaux ont recommandé la désignation totale de l’église l’Annonciation de Pointe-aux-Roches, une désignation partielle pour l’église de Saint-Joachim (seulement le clocher et le monument du Sacré-Cœur), la mise en place d’un partenariat entre le diocèse de London et la municipalité pour installer un petit parc commémoratif sur le site de l’église afin d’y déposer le clocher et le monument du Sacré-Cœur (monument historique du patrimoine francophone) et de l’entretenir. Puis, comme quatrième et dernière recommandation, que la ministre de la Culture Madeleine Meilleur établisse une politique et un programme pour sauvegarder les propriétés religieuses qui ne sont plus utiles au diocèse, mais qui ont une valeur patrimoniale importante.
David Tremblay, responsable des communications pour le groupe S.O.S.-Églises, était très heureux de cette décision. « Nous étions une cinquantaine de personnes de la paroisse et de S.O.S.-Églises pour cette réunion, confirme-t-il. Il s’agit d’un grand pas dans la bonne direction et le conseil a finalement reconnu l’importance de l’histoire de ces édifices. Mais encore plus important, ils ont finalement compris la nécessité de les sauvegarder! »
C’est une grosse victoire pour le groupe de sauvegarde des deux églises qui travaille sur ces dossiers depuis mars 2001. « Les élus municipaux n’étaient pas obligés de dire oui. ils auraient pu refuser, explique David Tremblay. La désignation partielle de Saint-Joachim est cependant une demi-victoire, mais nous allons la prendre. Tu peux désigner une partie d’un bâtiment mais pas un morceau. La loi devra être révisée à cet effet. »
Un exemple de ce que les municipalités peuvent faire avec des bâtiments abandonnés existe à Pointe-aux-Roches, près de l’église. Il y avait autrefois l’école francophone Jean Brébeuf qui un jour ne suffisait plus à la demande et où les infrastructures étaient désuètes. Le conseil scolaire catholique avait fait bâtir par la suite l’école élémentaire Saint-Paul pour la remplacer et la minorité anglophone a pu utiliser Jean Brébeuf pour ses besoins. Cette école existe toujours et s’appelle aujourd’hui L’Annonciation. Le vieil édifice a été transformé pour continuer sa vocation au lieu d’être démoli.
« Il s’agit d’utiliser les ressources disponibles aux meilleures fins possibles, insiste M. Tremblay. Nous étions très soulagés et encouragés après tant d’efforts et de rencontres. La prochaine étape sera de nous préparer afin de présenter nos arguments pour que Saint-Joachim soit complètement désigné au lieu d’en partie devant la commission de révision assignée par le ministère de la Culture. »
Il faut comprendre que le conseil municipal de Lakeshore a l’intention de faire appliquer ces recommandations mais doit publier l’annonce des désignations dans les journaux pour en aviser les habitants de la région. Ces derniers auront 30 jours pour émettre des objections. Ils devront les présenter devant une commission désignée par la municipalité et la décision sans appel sera prise par le conseil municipal. Il s’agit ici d’une désignation municipale et non provinciale. Une grande victoire pour S.O.S.-Églises!
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