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Le 1er février 2006
Volume 4 Numéro 4
L'Action

L’école obligatoire jusqu’à 18 ans : qu’en pensent les orienteurs?

Par : Manon Monette
Editeur : L'Action

London- Le 13 décembre dernier, le gouvernement de l’Ontario a déposé un projet de loi en vue de rendre l’école obligatoire pour les jeunes jusqu’à l’âge de 18 ans. La promesse électorale de McGuinty est donc en voie d’être réalisée. Le but est de faire passer le taux de décrochage scolaire de 30 % à 15 % d’ici 5 ans. La question reste pourtant de savoir si cette mesure permet d’atteindre le but.
Les orienteurs en milieu scolaire travaillent directement avec les conséquences des choix politiques de nos élus. Henry Bouchard, de l’école secondaire Mgr-Bruyère à London, côtoie quotidiennement des élèves aux prises avec des problèmes de démotivation et d’échecs. Certains de ces jeunes quittent l’école secondaire sans les crédits nécessaires pour recevoir leur diplôme d’études secondaires de l’Ontario (DÉSO).
Pour M. Bouchard, ce qui prime, c’est la qualité de l’éducation. « Le gouvernement cherche à faire voir qu’on va faire toutes sortes de choses pour permettre à l’élève d’avoir un crédit », affirme-t-il. Il s’inquiète de la valeur de ce crédit auprès des élèves, donc du fait que les jeunes peuvent penser qu’ils n’ont qu’à être présents en classe pour l’obtenir, alors que leur engagement est suscité pour qu’ils atteignent la réussite.
Par ailleurs, il croit aussi que les enseignants craindront de perdre la face si certaines écoles choisissent d’accorder des crédits à des élèves qui ne démontrent pas un apprentissage suffisant. Selon lui, une diminution des attentes serait à craindre.
De plus, face au choix du gouvernement de déposer ce projet de loi sur la fréquentation scolaire, il se demande si le gouvernement ne commence pas à traiter le jeune comme un client plutôt que comme un élève.
De nouveaux programmes sont essentiels
Le gouvernement a aussi annoncé la création de nouveaux programmes spécialisés. M. Bouchard espère que s’il y a des changements au niveau de la dotation du nombre d’enseignants, ces ressources seront véritablement attribuées à la clientèle visée et non aux élèves performants qui se dirigent vers les programmes universitaires. Il émet aussi des doutes au sujet des résultats concrets sur le taux de décrochage. Selon lui, il existe un « taux naturel » et il faudra voir si avec cette nouvelle mesure, le gouvernement s’en rapproche.
Du côté du service d’orientation de l’école secondaire Franco-Jeunesse, Rachelle Héroux-Bourgeois pense aussi que la loi en tant que telle n’est pas mauvaise, mais qu’il sera important que les écoles reçoivent l’argent nécessaire pour leur permettre d’avoir les ressources sans lesquelles elles ne pourront aider les jeunes à aller chercher leurs crédits. Elle explique qu’une petite école comme la sienne (38 élèves) ne peut faire construire d’atelier ni acheter les outils, éléments toutefois essentiels pour capter l’intérêt des jeunes décrocheurs potentiels.
Un DÉSO correspond à l’acquisition de 18 crédits obligatoires et 12 crédits optionnels. Les élèves peuvent acquérir ces derniers en suivant des cours différents du cursus traditionnel. Déjà, les programmes PAJO et COOP leur permettent de faire des expériences d’emploi ou de recevoir de la formation en milieu de travail.



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