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Sous la couverture
(Québec) Dans le vacuum des
vacances, sans formalité, sans concours,
Louise Beaudoin a attelé son amie Lise
Bissonnette, ci-devant directrice du Devoir, au
chantier de la création de la Grande
Bibliothèque. Aux journalistes elle a
daigné expliquer cet assaut de ses tripes:
´Elle aime les livres, et c'est la
première raison pour laquelle le
gouvernement la nomme à ce poste.ª
Évidemment! Celle qui fait dans la
culture n'aurait pas conçu l'idée de
pistonner un gynécologue ou un pompier. Et
pourquoi pas? Il y a des gens de tous
métiers et professions qui aiment les
livres; et la favorite n'est de toute façon
pas la seule au Québec à
éprouver cette passion. Et quels livres,
parmi les centaines de millions qu'on a
édités depuis Gutenberg, la
courtisane aime-t-elle? Aime-t-elle aussi les
ancêtres des bouquins d'aujourd'hui:
tablettes de pierre, de cire, de terre cuite,
papyrus, parchemins, cuirs rugueux, soie chinoise
et écorces d'arbre? A-t-elle des
préférences pour leur papier: arches,
rives, vélin, alfa, Japon nacre,
Saint-Gilles, mats ou glacés? Les
préfère-t-elle manuscrits,
reliés, brochés, en feuilles,
illustrés, enluminés? Mais, s'est-on
assuré qu'il ne se trouve pas chez nous
quelqu'un qui aimerait plus les livres que la
nymphe élue du pouvoir? Auquel cas il
s'imposait qu'on ouvrît un concours.Madame de
la Culture et des Communications a
réfuté, sans qu'on l'en
accusât, une éventuelle accusation de
patronage en servant la convaincante fable du
recours à des ´chasseurs de
têtesª, Spencer & Stuart en
l'occurrence. Combien de temps a duré le
safari? Quelles bêtes a-t-on ciblées,
et selon quels critères: âge, dents,
pelage, panache, finesse de la patte, cornes,
défenses, trompe, poids, stature? A-t-on
cherché chez les ethnies et les Anglais
chers à Jacques Parizeau? Et parmi les
centaines de bibliothécaires
québécois chevronnés, nul ne
s'est avéré compétent?
Pourtant, ceux-ci ne sont point d'une espèce
en voie de disparition!
La raison, la seule, l'impérative, c'est
que Mme Bissonnette aime les livres et que Mme
Beaudoin aime Mme Bissonnette, encore qu'elle s'en
défende. L'amitié des ´femmes de
pouvoirª, comme elles s'appellent entre elles,
n'y serait pour rien, la curatrice de la culture
l'a juré, écrivant à l'envers
sa version du reniement de Pierre. Ainsi, sans que
le coq eût à chanter, la Bissonnette
s'est trouvée casée: paiement de bons
offices, équitable retour d'ascenseur.
Reste l'indiscutable évidence: confier la
garde des livres à une courtisane des
livres, quoi trouver de moins suspect? C'est clair,
poncé, épilé. Le seul hic: la
´Grande Bibliothèqueª n'est pas
encore construite. Qu'à cela ne tienne! On
ajoute à une passionnée de
l'écrit la tâche de veiller à
l'érection du monument. Sans doute qu'elle
aime aussi le fer, le béton, le gyproc, le
bois, le plâtre, le verre, les clous, les
boulons, les pènes, les tenons et mortaises,
les madriers et les poutres tout autant que le
commerce avec les architectes, les
ingénieurs, les maçons et les
charpentiers. Il lui faudra cette fois tremper son
calame dans la colle, la peinture, les vernis, tous
ces cosmétiques qui, dans les grands travaux
comme dans la toilette, masquent les fentes, les
craquelures et les rides; sans compter qu'elle aura
à grimper dans les échelles
jusqu'à l'an 2001.
Souhaitons qu'elle n'y perde, ne serait-ce que
la largeur et l'épaisseur d'un signet, ni sa
fière indépendance d'esprit ni son
éclatante neutralité.
Désormais, cette boulimique des livres devra
aimer en priorité les tablettes qui les
porteront. Qu'elle bénisse ces
étagères, échelons de sa
réussite: elles l'ont hissée
là où Louise la voulait. Qu'on admire
donc cette attention
désintéressée, ces vertueuses
amours livresques, ces robustes passions
intellectuelles, cette jouissance
ministérielle, cette extase étatique,
ce choix énamouré, ce tableau bien
figuratif d'une Lise et d'une Louise souverainement
unies par l'amour des livres.
À ceux (et celles) qui s'en
offusqueraient, il faut rappeler qu'ainsi
qu'à Madeleine, il leur sera beaucoup
pardonné parce qu'elles ont beaucoup
aimé. Et qu'on n'aille pas parler
prosaïquement des millions que coûtera
ce fidèle et durable dorlotement! Il y a des
règles qui défient les règles,
car ce genre d'amour est comme le Stade olympique;
il n'a pas de prix, même s'il faut le
payer!
Jean-Noël Tremblay
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Les
manchettes
Mon
clone à moi
Si Lady Di avait eu ce petit pendentif, la
bataille testamentaire aurait sûrement
été plus féroce pour ce
dernier que pour son compte en banque. On aurait
peut-être même pu ressusciter Tabarly
des entrailles de la mer! Dernier-né de
cette fin de siècle, le dnaX est un petit
pendentif offert...
Table
équitable
Auteur:Rivest, Isabelle
Fatigués de voir les cultivateurs du
tiers-monde crever de faim alors que les
multinationales génèrent des fortunes
colossales en important des produits tropicaux? La
´fête équitableª, qui aura
lieu le 8 septembre, de 10 h à 17 h, au
Building Hall de Concordia, (1455, boulevard de
Maisonneuve Ouest, deuxième étage,
...
Un
monde à lire
Auteur:Boulanger, Luc
La Librairie L'Androgyne fête cet automne
son 25e anniversaire! Plus qu'un endroit
prisé par la communauté gaie,
L'Androgyne est, d'abord et avant tout, une
excellente librairie de quartier. Un rendez-vous
pour les hommes et les femmes qui aiment la
lecture, la culture, et les découvertes. La
littérature de L'Androgyne ne ...
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