Le 19 décembre 2005
L'Express
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| Parmi les cours offerts par le Studio des jeunes, on compte le ballet jazz pour les trois et quatre ans. Photo : Gracieuseté du Centre communautaire franc-ouest |
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Les Francophone de l’Ouest frustrés par le manque de programmes récréatifs en français
Plus du trois quarts des programmes dans l’Ouest sont offerts en anglais
Par : Louis-Marie Achille
Editeur : L'Express
La communauté francophone de l’Ouest fait part de sa frustration par rapport à l’étendue des programmes récréatifs mis à la disposition des anglophones. Les francophones minoritaires estiment que plus des trois quarts des programmes vont à leurs vis-à-vis anglophones et déplorent le fait que le déséquilibre soit si important.
Forte de ses 21 000 membres, la communauté francophone croit qu’il est grand temps d’élargir le champ des services de divertissement offerts notamment aux jeunes.
Ces derniers n’ont que le Studio des jeunes, une activité réalisée tous les samedis par le Centre communautaire franc-ouest dans les locaux du Collège catholique Franco-ouest, à Nepean. Des cours d’arts visuels, de danse, de gardiennage, de gymnastique, d’arts martiaux, de musique et de sports divers sont offerts aux jeunes d’un à 17 ans.
«Pour les enfants, on veut davantage d’activités culturelles et sportives, réclame une mère rencontrée sur les lieux. Une seule journée par semaine, une heure par semaine, tandis qu’en anglais c’est presque tous les soirs, on est très limité». Son mari ajoute que ses enfants ont besoin de cours de soccer de même que le guide d’activités pour les enfants (en français) disponible seulement dans l’est de la ville.
Une autre mère partage les mêmes préoccupations tout en se voulant réaliste. «Demander un cours de natation chaque soir! Comment va-t-on trouver les gens pour donner ce service d’autant que beaucoup d’enseignants viennent de loin?», tempère-t-elle.
Toutefois, les parents sont d’accord sur le fait qu’avec un seul centre, la communauté est limitée dans l’accès aux services. À titre d’exemple, ils font remarquer qu’ils préfé-reraient avoir sur place des livres en français à la bibliothèque municipale, car cela prend quelques jours pour les avoir après la commande placée via Internet.
Les cours dispensés par le Studio des jeunes sont les seuls en français offerts dans la région, souligne Marie Josée Leclerc, directrice générale du Centre communautaire franc-ouest, déplorant au passage le fait que la Ville offre des cours de patin et de natation en français à quelques endroits.
Du pain sur la planche
Le fait d’être minoritaires place les Francophones de l’Ouest dans une situation de combat permanent pour avoir droit aux cours récréatifs. Mais, à en croire Marie Josée Leclerc, d’autres obstacles doivent être contournés. Elle cite en exemple la difficulté de trouver des enseignants pour venir dans l’Ouest, car le noyau francophone se retrouve surtout dans l’est de la ville, la région d’Orléans. Le recrutement se fait donc au centre de la ville, à l’est et même au Québec, dans la région de Gatineau. À ce niveau, la distance à parcourir occupe une place importante dans la décision à prendre par l’enseignant.
«Lorsqu’on sort de l’Outaouais et on fait la route pour un cours qui dure deux heures, cela ne vaut pas la peine. C’est difficile de recruter», reconnaît la responsable du centre communautaire.
Sophie, professeur de danse dont c’est la première session cette année, habite la région de l’Outaouais et fait 35 à 40 minutes en auto pour venir à Franco-ouest. La distance ne la laisse nullement indifférente, mais elle privilégie le fait de pouvoir «aider les gens à pratiquer en français», car dans son groupe de 50 jeunes, plusieurs ont de la difficulté à s’exprimer en français.
Un autre problème rencontré par le centre est de trouver des espaces pour le développement de ses activités. En dépit de la collaboration des conseils scolaires public et catholique, il y a de moins en moins de locaux disponibles en raison de l’augmentation du nombre de francophones dans la région.
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