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Entre l’offre et la demande
Au cours des dernières années, on a dénoncé le fort taux de chômage au Canada, particulièrement chez les gens de moins de 30 ans. Ils n’ont jamais été si nombreux à demander l’aide social ou à croupir au foyer familial en travaillant une dizaine d’heures par semaine au salaire minimum. Plusieurs de ces jeunes chômeurs ou souffrant de sous-emploi possèdent un diplôme d’études secondaires et un certains nombre ont même en poche un diplôme universitaire dans une discipline plutôt large, c’est à dire très peu spécialisée. Pendant ce temps, les chefs d’entreprises déplorent que le progrès de leur industrie est ralenti par un manque de main-d’oeuvre. Que ce soit au niveau de l’ingénierie ou de l’informatique, il y a un manque de travailleurs spécialisés prêts à entrer en fonction. Il y a certainement des diplômés qui ont étudié dans ce domaine et qui ne parviennent pas à se trouver un poste parce que la formation qu’ils ont reçue, il y a deux ou trois ans, n’est plus pertinente aux besoins d’aujourd’hui. Il est également vrai que plusieurs spécialistes formés dans nos collèges et entraînés dans des programmes d’éducation coopératives dans nos industries canadiennes se font quotidiennement kidnapper par le marché américain qui leur offre de gagner un meilleur salaire, de payer moins d’impôt et surtout d’avoir plus d’avancement. Il y a par contre un manque de main-d’oeuvre plus traditionnelle telle que des menuisiers, des plombiers et des électriciens ainsi que des machinistes et des techniciens de toutes sortes pour travailler dans les usines à des salaires très alléchants. En serions-nous parvenu au point où l’éducation ne vit plus que pour l’internet oubliant que notre société aura toujours besoin de gens pour bâtir et entretenir des maisons, fabriquer des produits de consommation, réparer les automobiles. En tant que société, c’est une question qu’il importe de se poser et le programme de formation et d’adaptation de la main-d’oeuvre est tout à fait pertinent pour commencer à répondre à ce défi. La première étape sera celle d’un sondage qui permettra de faire un inventaire réel des besoins des employeurs, grands et petits ainsi qu’un répertoire de toute la masse des compétences qui se retrouvent accumulées dans le cerveau collectif de la population active de l’est de l’Ontario, y compris les secteurs de S.D. et G. et Prescott-Russell. Nous vous exhortons donc à répondre clairement et honnêtement à cette consultation puisqu’il y va de notre avenir individuel et collectif. Les entreprises installées chez nous auront ainsi de dire clairement le nombre et le type d’employés dont ils ont besoin. Elles pourront expliquer clairement les exigences qu’il faut pour y travailler. Les personnes sans emplois seront en mesure de faire un étalage de leurs compétences et on pourra les aider à choisir et à acquérir ce qu’il leur faut de plus pour entrer dans un emploi qui sera à la hauteur des années 2000. Si l’exercice est bien mené, il pourrait faire en sorte que le système d’éducation, dès le niveau élémentaire, réajuste son tir et mette un accent plus prononcé sur des métiers qui autrefois étaient identifiés comme des jobs pour ceux qui ne sont pas allés à l’école très longtemps. Que l’on vise à prévenir le décrochage scolaire, c’est évident. Mais ceci ne veut pas dire que l’on doive pousser tous les jeunes à la queue leu leu vers l’université. Au-delà des arts, il y a les métiers et il est rare de nos jours que des pompiers, des électriciens ou des machinistes bien formés vivent dans la pauvreté.
Huguette Burroughs
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